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Un an après la fin du financement accordé à l'association Mukenyezi Kerebuka dans le cadre du projet FACE (Féministes pour les Alternatives Climat et Environnement), les résultats continuent de transformer durablement la vie des femmes et de leur communauté. Mis en œuvre par ACORD BURUNDI avec l'appui financier de l'Agence Française de développement (AFD) et de CCFD-Terre Solidaire, le projet FACE poursuit toujours ses activités auprès d'autres organisations partenaires.

Afin de capitaliser les acquis de cet appui, ACORD BURUNDI s'est rendu sur la colline Kabo, en commune Nyanza, province de Burunga, pour rencontrer les membres de Mukenyezi Kerebuka et constater comment les investissements réalisés continuent de produire des effets un an après la fin de leur accompagnement financier. Appuyée par ACORD BURUNDI pour promouvoir l'autonomisation économique des femmes, tout en contribuant à la protection de l'environnement et la résilience aux changements climatiques, l'association Mukenyezi Kerebuka a fait du soja le pilier de son développement.

Selon KAMWIZA Juliette, cheffe du projet FACE à ACORD BURUNDI, le choix de cette culture répondait à plusieurs enjeux liés aux changements climatiques et à la sécurité alimentaire.

«Le soja résiste relativement bien aux fortes chaleurs comme aux périodes de pluies abondantes. C'est aussi une culture riche sur le plan nutritionnel et qui offre de nombreuses possibilités de transformation, permettant aux femmes de créer de la valeur ajoutée et d'améliorer durablement leurs revenus », explique-t-elle.

C’est à l’issu d’un processus d’appel à projets que le Projet de transformation du lait  de soja proposé par l’Association Mukenyezi Kerebuka  a été financé dans le cadre du Projet FACE.

Grâce aux formations reçues    sur les techniques culturales, les bienfaits nutritionnels du soja et sa transformation, les membres de Mukenyezi Kerebuka ont renforcé leurs compétences. Cet appui de ACORD BURUNDI   leur a permis aussi d'acquérir des équipements de transformation, ouvrant la voie à la production de lait de soja et à la création d'une activité génératrice de revenus qui continue aujourd'hui de prospérer.

 Une production en pleine croissance

Les résultats sont visibles. En 2023, avant l'appui d'ACORD BURUNDI, l'association produisait seulement 30 kilogrammes de soja sur une petite parcelle.

Après le financement du projet FACE, la production est passée à 150 kilogrammes en 2024, puis à 300 kilogrammes en 2025. En 2026, la récolte dépasse désormais 500 kilogrammes, entièrement destinés à la transformation alors qu’avant le projet FACE, les grains de soja se vendaient à 2500f/kg. Aujourd’hui, 1kg de soja   est vendu entre 4000 fbu et 6000fbu. Le soja a été valorisée et est devenue une culture rentable.

Chaque jour, les femmes de Mukenyezi Kerebuka  produisent environ 14 litres de lait de soja à partir de deux kilogrammes de farine de soja. Vendu à 3 000 francs burundais le litre, ce lait est commercialisé dans une cafétéria installée à environ 300 mètres de l'unité de transformation.

Cette activité a également créé des emplois. Trois femmes travaillent dans l'atelier de production tandis qu'une jeune diplômée, Alice  Nkurunziza, est employée dans la cafétéria où sont proposés du lait chaud et du lait pasteurisé.

Un produit apprécié par toute la communauté

Devant la cafétéria, les clients se succèdent tout au long de la journée.

Pour Mathias Ndayikengurukiye, un habitant rencontré sur place, le lait de soja est devenu une boisson très appréciée.

Selon lui, certaines personnes le consomment avant ou après avoir bu de l'alcool. D'autres l'apprécient pour ses qualités nutritives, notamment les personnes effectuant des travaux physiques. Il est également recommandé par plusieurs consommateurs pour soulager certains problèmes digestifs.

Le chef de la colline Kabo, Mr HATUNGIMANA Jean Claude, confirme cet engouement.

Consommateur lui-même, il estime que Mukenyezi Kerebuka est devenue un modèle de développement local. Il souligne que les activités de l'association profitent non seulement à ses membres mais aussi à toute la communauté  .Les conflits familiaux  au sein des couples ont sensiblement diminué grâce à  la formation assurée sur la lutte contre les violences basées sur le genre , a-t-il ajouté.

Grâce aux revenus générés par la vente du lait de soja, l'association a notamment financé le raccordement d'un robinet public. Aujourd'hui, les habitants de la colline Kabo y puisent gratuitement de l'eau potable. Les ouvriers qui construisent actuellement le centre de santé de la localité utilisent également cette eau.

 Les crédits communautaires changent des vies

 Les bénéfices réalisés par la cafétéria alimentent un fonds de crédit destiné aux membres de l'association.

Selon Mpawenimana Domitile, veuve et vice-présidente de Mukenyezi Kerebuka, les prêts varient entre 50 000 et 100 000 francs burundais sans garantie. Avec une hypothèque, les montants peuvent atteindre 500 000 francs.

Elle-même a bénéficié d'un crédit qui lui a permis de lancer un petit commerce de bananes. Les bénéfices réalisés lui ont ensuite permis d'installer des vitres pour fenêtre de  sa maison, qui en était dépourvue.

Pour Kabura Junie, un prêt de 100 000 francs burundais a permis de payer les frais de scolarité de ses deux enfants qui allaient rater l’année. Ce qui est une fierté familiale. Aujourd'hui l' une de ses enfants va obtenir  un diplôme.

Manirakiza Eric, jeune membre de l'association, raconte qu'il avait emprunté 50 000 francs burundais pour acheter une poule pondeuse. Quelques mois plus tard, il possède désormais plus de vingt poules qui lui procurent un revenu à partir des œufs vendus.

De son côté, Aline Niyonizigiye explique qu'un crédit de 300 000 francs burundais lui a permis d'investir dans sa riziculture, améliorant ainsi la production de son exploitation.

Ces témoignages illustrent comment les revenus issus de la transformation du soja dépassent largement le simple cadre agricole pour devenir un véritable levier de développement économique local. Les femmes de Mukenyezi Kerebuka sont devenues capables de s’acheter ce dont elles ont besoin et pour leurs enfants sans attendre  tout  de leurs maris, développant  ainsi  chez elles  l’estime de soi   et une certaine considération sociale.

 Des défis à relever

 Malgré ces résultats encourageants, Mukenyezi Kerebuka fait encore face à plusieurs défis.

L'association ne dispose pas encore de son propre moulin, ce qui augmente les coûts de production. Les membres souhaitent également améliorer le conditionnement de leur lait afin de conquérir de nouveaux marchés et augmenter leur capacité de production.

Ils espèrent ainsi poursuivre leur croissance tout en créant davantage d'emplois pour les femmes et les jeunes en chômage.

Une reconnaissance envers ACORD BURUNDI et le projet FACE

Les membres de Mukenyezi Kerebuka expriment leur profonde gratitude envers ACORD BURUNDI ainsi qu'au projet FACE, qu'ils considèrent comme le point de départ de leurs modes de vies transformés.

Ils estiment que cet accompagnement leur a permis de développer leurs compétences, d'améliorer leurs revenus et de contribuer au développement de toute leur communauté.

Un an après la fin du projet, l'expérience de Mukenyezi Kerebuka démontre qu'un appui ciblé, associant renforcement des capacités, financement et accompagnement, peut produire des effets durables. Au-delà de la culture du soja, c'est toute une dynamique d'autonomisation des femmes, de protection de l'environnement et de développement communautaire qui continue aujourd'hui de porter ses fruits sur la colline Kabo.

 

Depuis février 2026, le Projet « Renforcement de la résilience des femmes face au changement climatique au Burundi (RFCCB)  ABAKENYEZI KU KIVI » accompagne 150 femmes issues des communes de Muhuta et de Ntahangwa, dans la Province de Bujumbura, dans la mise en œuvre de techniques agroécologiques en vue d'une agriculture résiliente face au changement climatique.

Les bénéficiaires du Projet ont suivi un renforcement des capacités sur les techniques agroécologiques à travers des échanges et des travaux pratiques portant notamment sur :

  • la fabrication d'engrais organiques à partir de matières premières locales ;
  • le compostage à l'air libre ;
  • la production de biofertilisants et de biopesticides pour protéger les cultures contre les ravageurs.

À travers des démonstrations concrètes, les participantes ont appris à valoriser les ressources de leurs exploitations pour améliorer la fertilité des sols, tout en réduisant leur dépendance aux intrants chimiques  une dépendance souvent coûteuse, parfois nuisible à la santé humaine, et peu favorable à l'environnement.

Elles ont ainsi découvert que les solutions aux difficultés agricoles se trouvent souvent dans les savoirs locaux et dans les ressources disponibles au sein de leurs propres communautés.

Grâce à cette initiative, les communes de Muhuta et de Ntahangwa avancent progressivement vers une agriculture durable, résiliente et respectueuse de l'environnement une dynamique qui place les femmes rurales au cœur des solutions face aux défialimentaires et climatiques de demain.

Aujourd'hui, sur la colline Burangwa, zone de Magara, Commune de Muhuta (Province de Bujumbura), le groupement Dushigikirane Twese s'apprête à rentrer sa première récolte issue de pratiques agroécologiques, notamment de lengalenga (amarante).

« Ce résultat est le fruit d'un travail collectif mené par plusieurs acteurs : les animateurs de terrain, les services techniques des zones et, surtout, les bénéficiaires elles-mêmes, qui mettent en pratique, avec motivation, les connaissances acquises. »

Daphrose NDIHOKUBWAYO, membre du groupement de la colline Burangwa, témoignant avec fierté lors de la première récolte de lengalenga.

Les femmes ne cherchent pas seulement à améliorer leurs récoltes à travers ces nouvelles techniques, elles renforcent aussi leur autonomie économique, sécurisent l'alimentation de leurs ménages et participent à la protection des terres pour les générations futures.

Dans un contexte où les femmes constituent une force motrice de la production agricole familiale, leur accès aux connaissances agro écologiques représente un investissement stratégique pour le développement local.

Le projet RFCCB « ABAKENYEZI KU KIVI » est appuyé financièrement par l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), dans le cadre du programme « Fonds Francophonie avec Elles »  6ème édition.

Le 24 février 2026, à Mukaza, province de Bujumbura, l’Association de coopération et de recherche pour le Développement  ACORD BURUNDI a lancé officiellement un projet RFCCB – Renforcement de la résilience des femmes face aux changements climatiques au Burundi «Abakenyezi ku Kivi ». Avec l’appui financier de l’Organisation internationale de la Francophonie « OIF », ce Projet sera mis en œuvre sur 36 mois dans les communes de Muhuta et Ntahangwa de la province de Bujumbura.

Avec un objectif principal d’améliorer la résilience des femmes rurales face aux effets des changements climatiques, Nombreux résultats sont attendus autour de ce Projet comme : Mise en œuvre de méthodes agricoles résilientes ; Amélioration de la productivité et de la sécurité alimentaire ; la participation des femmes dans les instances locales de gouvernance et dans la gestion des ressources naturelles ; Promotion du leadership et de l’entrepreneuriat féminin dans le domaine de l’agriculture ; Autonomisation économique durable.

Pendant son allocution d’ouverture, la Directrice nationale de ACORD BURUNDI a souligné le fait que ce projet représente une intervention concrète face aux enjeux climatiques qui touchent particulièrement les femmes des zones rurales, premières actrices intervenantes dans le domaine agricole et responsables de la sécurité alimentaire des ménages.

Le Ministre de la Justice, des Droits de la personne Humaine et du Genre qui a ouvert l' Atelier a quant lui salué l’initiative de ACORD BURUNDI visant à renforcer la résilience des femmes face aux changements climatiques et a renouvelé l’engagement des autorités à accompagner les Organisations Non Gouvernementales dans leurs engagements à contribuer au développement du Pays. 

L'atelier a été clôturé par des échanges au cours du panel sur la prévention et la gestion inclusive des risques climatiques mettant après les présentations des experts sur les impacts des changements climatiques sur les communautés et la nécessité d'intégrer une perspective de genre dans les stratégies de résilience. 

le projet RFCCB – Renforcement de la résilience des femmes face aux changements climatiques « Abakenyezi ku Kivi » revêt une importance capitale pour la communauté, les femmes et le Burundi. En plaçant les femmes au cœur des initiatives climatiques, il favorise leurs autonomisations économique, renforce la sécurité alimentaire et encourage leurs participations dans la gouvernance locale. En promouvant des pratiques agro-écologues, ce projet contribue à bâtir des communautés résilientes et à répondre aux défis environnementaux, assurant ainsi un développement inclusif et durable pour l'avenir du pays.

 

Dans l'objectif d' améliorer la résilience des femmes face aux changements climatiques avec l’appui de CCFD-Terre Solidaire et de l’AFD, ACORD BURUNDI, à travers le Programme FACE, a récemment organisé une deuxième session de formation théorique sur le genre et l'agro écologie destinée aux organisations subventionnées. Cette formation a été une opportunité enrichissante pour renforcer les capacités des participants à intégrer le genre dans les pratiques agro écologiques. Elle a également offert une plateforme dynamique pour échanger sur les enjeux au genre et à l'agro écologie, soulignant l'importance cruciale de l'égalité des sexes dans ce secteur.

Les Techniques Apprises

Les participants ont découvert plusieurs techniques agro écologiques enrichissantes, telles que la rotation des cultures, qui permet de diversifier et d'améliorer la santé du sol. L'agroforesterie, intégrant des arbres avec des cultures, et la couverture végétale, utilisant des plantes pour protéger le sol, ont également été des points clés. Le compostage transforme les déchets organiques en fertilisants naturels, tandis que les cultures intercalaires optimisent l'espace en semant différentes espèces. L'utilisation de semences locales préserve les variétés adaptées aux conditions locales, tandis que les bio-pesticides recourent à des méthodes naturelles pour lutter contre les nuisibles. Enfin, les arbres médicinaux fertilisent tout en luttant contre les maladies des plantes, offrant ainsi des outils pour des pratiques agricoles durables et résilientes.

une nouvelle vision 

Cette formation a profondément transformé ma perception du rôle des femmes dans l'agro écologie » Nous témoigne Diane HARERIMANA un de Participants.

« Auparavant, je voyais les actions agro écologiques comme une responsabilité collective, mais j'ai compris que les femmes jouent un rôle clé. Grâce aux techniques apprises comme la rotation des cultures et l'agroforesterie je suis déterminé à implanter ces pratiques dans ma communauté. J'organiserai des ateliers pratiques pour enseigner aux autres femmes comment gérer leurs ressources de manière durable. Je suis convaincue qu'en prenant des décisions sur la gestion de ces ressources, nous pourrons transformer nos systèmes agricoles et renforcer la sécurité alimentaire locale. Avant cette formation, nous n'étions pas suffisamment conscients de l'importance d'inclure les femmes dans nos projets agricoles. L'atelier m'a ouvert les yeux sur leur potentiel. J'entends adopter des techniques favorisant leur participation, comme les cultures intercalaires et l'utilisation de semences locales adaptées. Je prévois également de créer des groupes de discussion pour garantir que les voix des femmes soient entendues et respectées. En intégrant leurs perspectives, nous pourrons créer des projets plus efficaces et durables. Je me sens inspirée et prête à apporter ce changement dans ma communauté »!

 

Avec l’appui du CCFD Terre Solidaire et de AFD, ACORD BURUNDI soutien plusieurs associations à travers le programme FACE (Féministes pour des Alternatives Climat et Environnement). Nous sommes sur les collines Gitasi, Rugori et Gakeceri dans la commune Ngozi de la province Butanyerera où plusieurs associations des femmes  sont accompagnées à travers un Projet de Résilience climatique pour les femmes  mise en Œuvre par l’Association pour le Développement Intégral et Durable « ADID »

CIZA Yollande, membre du groupement féminin batwa Dusangirikivi de la colline Gitasi, a partagé son expérience inspirante. Grâce à ce Projet, elle a pu apprendre à s'engager dans des pratiques agricoles qui ont transformées  sa vie et celle de sa communauté. La communauté batwa qui jadis vivait de la poterie a vu que ce métier n’est plus rentable

L’une des formations ayant le plus marqué Yollande concerne les pratiques agroécologiques. « Nous avons appris à produire du compost et des biofertilisants, ainsi qu’à fabriquer des bio pesticides. Ces techniques, respectueuses de l’environnement nous permettent d’élever notre productivité tout en réduisant ses coûts, loin des produits chimiques coûteux.

Au cours des dernières semaines, Yollande ainsi que d’autres membres des groupements ont aussi  suivi plusieurs sessions des formations sur la conservation et la valorisation des semences.

Cette formation a permis aux participantes d'appréhender l'importance de préserver leur patrimoine agricole et sur la gestion de la biodiversité, se familiarisant avec des semences paysannes résistantes aux changements climatiques. Ces connaissances sont devenues cruciales pour la gestion de sa production dans un contexte climatique de plus en plus incertain.

 « Nous avons appris à appris à multiplier au moins trois variétés de semences paysannes locale encore disponible dans la re’gion : le maïs local « isega », la colocase et l’igname ( ibisunzu). Cette diversité contribue non seulement à notre  alimentation, mais aussi à la sécurité alimentaire future ».

« En comprenant la valeur de ces semences, nous défendons notre droit à nourrir nos familles et à contribuer à la résilience climatique de notre région, » raconte madame Yollande.

Aujourd’hui, yollande se sent responsabilisée et mieux préparée à affronter les défis agricoles. Sa participation aux formations a renforcé sa voix au sein de sa famille et de sa communauté. Elle est désormais encouragée à partager ses connaissances avec d’autres femmes, afin que l’ensemble du groupe puisse en bénéficier.

« Je suis reconnaissante envers ADID et ACORD BURUNDI et ses partenaires pour cette opportunité. Grâce à leur soutien, nous ne survivons pas simplement, mais nous aspirons à un avenir meilleur, durable et résilient, » déclare-t-elle avec détermination.

Ensemble, ces femmes bâtissent un Burundi où chaque femme a sa place dans le développement de la communauté.

 

 

A l'occasion de la Journée Internationale de la Femme Rurale, édition 2025, Une conférence-débat a été organisé à ACORD BURUNDI sous le thème : « Soutenons la femme rurale résiliente au changement climatique pour un avenir d'un pays émergent et développé ». Cet événement s'inscrit dans le cadre du projet FACE (Féministes pour des Alternatives Climat et Environnement), initié en 2022 par le CCFD – Terre Solidaire et cofinancé par l’Agence Française de Développement (AFD).

L'objectif de cette conférence était de sensibiliser un large public sur les enjeux de genre et de changement climatique, ainsi que sur les solutions innovantes que les femmes apportent face à ces défis. Les acteurs engagés dans la prévention et la protection contre les effets néfastes du changement climatique devaient souvent arbitrer entre plusieurs priorités, rendant la compréhension du lien entre genre et climat essentielle pour une gestion efficace des risques.

Au Burundi, les femmes rurales se trouvent particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. Bien qu'elles constituent une part significative de la force de production agricole, leur accès aux ressources, à la terre, aux revenus et aux processus décisionnels restant limité. Selon Alice HARUSHIMANA, Directrice nationale de ACORD BURUNDI, les femmes et les jeunes agriculteurs subissaient les effets du changement climatique plus intensément que les hommes, en raison de normes de genre restrictives et d'un accès limité à l’information et aux technologies.

Juliette KAMWIZA, Responsable du programme FACE, met en avant l'importance d'autonomiser les femmes pour qu'elles puissent s'impliquer dans les questions climatiques et la gestion durable des ressources naturelles. Le programme leur permet de participer activement à la planification et à la prise de décision concernant l'adaptation au changement climatique, en les encourageant à transformer ces défis en opportunités d'innovation pour leurs communautés.

Pour renforcer cette résilience, il est crucial de fournir aux femmes les connaissances et les outils nécessaires afin qu'elles puissent faire face aux défis climatiques. Cela incluant  la promotion de pratiques durables telles que la plantation d'arbres agro forestiers et fruitiers, la création des jardins potagers et la production de fumier organique. En intégrant ces solutions, les femmes peuvent améliorer leurs résiliences tout en jouant un rôle clé dans la transition vers des systèmes agricoles plus durables.

Les agriculteurs soutenus par ACORD BURUNDI ont fait preuve d'un dynamisme exceptionnel lors de la Foire Nationale Agricole et Forum Paysan édition 2025, un événement phare organisé par le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage (MINEAGRIE). Sous le thème inspirant « Intensification agro-pastorale, valorisation et commercialisation des produits agricoles et d’élevage : piliers pour atteindre la vision 2040, pays émergent, et 2060, pays développé », cette foire a réuni des acteurs clés du secteur agricole.

Le lancement de cette foire d'envergure a été marqué par le discours du Secrétaire Permanent du Ministre en charge de l’Agriculture. Il a souligné que cet événement représente une occasion unique pour les agriculteurs de promouvoir leurs productions, d'échanger des savoir-faire, de créer un cadre d'expérience collaborative, de réaliser des ventes et de nouer des partenariats fructueux. Pour les exposants de ACORD BURUNDI, cette foire a constitué une plateforme idéale pour mettre en avant leurs produits issus de pratiques agro-écologiques. Les échanges entre agriculteurs ont enrichi leurs connaissances et élargi leurs horizons.

Monsieur HAVYARIMANA Anicet, agriculteur spécialisé dans les patates douces médicinales de la Commune de Rutana, s'est dit ravi de son expérience. À l'issue de l’événement, il a exprimé sa gratitude envers ACORD BURUNDI pour son soutien dans la culture de ces patates douces. Sa participation a suscité l'intérêt d'autres agriculteurs, qui lui ont demandé des boutures pour étendre cette culture dans leurs champs, illustrant ainsi l'impact positif de cet événement.

De son côté, Mme HATUNGIMANA Marie Chantal, représentante de l’Association Mukenyezi Kerebuka a remercié ACORD BURUNDI pour l'opportunité de participer à la foire. Elle a souligné l’engouement autour du lait de soja, qui a permis à son association non seulement de générer des ventes, mais aussi de gagner en reconnaissance jusqu'a même demander d'amener l'Association à Gitega 

Lors du Forum, ACORD BURUNDI a animé une conférence sur les enjeux cruciaux de la certification foncière, prenant l'ancienne commune de Cendajuru, de l' ancienne Province Cankuzo, comme étude de cas. Cette discussion a mis en lumière l'importance de sécuriser les droits des populations rurales sur leurs terres. Les questions abordées incluent la protection des droits de propriété, l'accès à la terre et la résolution des conflits fonciers. Impliquer les agriculteurs dans ces débats est essentiel pour promouvoir un développement durable et équitable.

La Foire Nationale Agricole et Forum Paysan 2025 a été un véritable succès pour ACORD BURUNDI et ses agriculteurs. Cet événement a non seulement permis de valoriser les produits agro-écologiques, mais aussi de favoriser des échanges enrichissants entre les acteurs du secteur. Grâce à de telles initiatives, le Burundi progresse vers une agriculture durable et résiliente, alignée avec sa vision de développement pour un Pays Émergent en 2040 et un Pays Développé en 2060.

NEZERWA Alice est une femme engagée, épouse et mère de trois enfants, qui a su allier sa vie familiale à sa vocation professionnelle. En tant qu'Agent de Santé Communautaire (ASC) sur la colline Munyika I, dans la sous-colline Dorsal A II en  Commune Rugombo de la Province Cibitoke, elle consacre son temps à la sensibilisation à la planification familiale (PF) et à la promotion des services de santé sexuelle et reproductive (SSR). Son dévouement et son expertise lui ont permis de devenir un véritable modèle au sein de sa communauté, où elle inspire et accompagne de nombreuses femmes dans leur quête de santé et de bien-être.

« À travers les formations reçues dans le cadre du projet NKURIZA, notamment sur l’administration de Sayana Press, j’ai pu élargir mon champ d’action. Je sensibilise les femmes sur les méthodes contraceptives modernes, en particulier Sayana Press, et oriente les jeunes vers les centres de santé amis des jeunes, afin qu’ils puissent accéder à divers services de SSR.

Un événement marquant dans mon travail m’a particulièrement touchée. En novembre 2024, lors d'une séance de sensibilisation sur Sayana Press, j’ai rencontré une femme enceinte de jumeaux, mère de quatre enfants, dont le mari l’avait abandonnée. Constatant sa vulnérabilité, j’ai tenté de contacter le mari dans l’objectif de favoriser une réconciliation familiale, mais sans succès.

Lors de ma visite à son domicile, j’ai découvert que sa fille aînée, âgée de 8 ans, souffrait de malnutrition aiguë sévère. Avec le soutien de mon mari, j’ai proposé à la mère de prendre en charge l’enfant afin de lui assurer un suivi nutritionnel et médical approprié. Elle a accepté. En accord avec les autorités locales, notamment le chef de colline, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour prévenir d’éventuels conflits familiaux.

Depuis, l’enfant vit chez moi, a retrouvé une bonne santé et est désormais scolarisée dans de bonnes conditions. Sa mère a donné naissance aux jumeaux en bonne santé. Je continue de l’accompagner régulièrement, en l’orientant vers les structures sanitaires, en l’aidant à adopter de bonnes pratiques d’allaitement maternel et en lui apprenant à préparer des repas équilibrés pour garantir la santé de ses enfants.

Je suis profondément reconnaissante au projet NKURIZA pour les capacités techniques qu’il m’a permises d’acquérir. Grâce à ma crédibilité au sein de la communauté, de nombreuses femmes viennent me consulter pour des conseils en matière de SSR et de planification familiale. Je m’investis également dans la mobilisation des hommes afin qu’ils s’impliquent activement dans la planification familiale.

Je me réjouis du chemin parcouru et remercie tout particulièrement mon mari, qui me soutient sans relâche dans mes engagements en tant qu’agent de santé communautaire. »

 

Dans le cadre du projet Nkuriza, l’activité SPC (Surveillance et promotion de la croissance) consiste à peser l’enfant et prendre des mesures avec le périmètre brachial (PB) ou MUAC (mid-upper arm circumference) en plus des sensibilisations sur l’alimentation des nourrissons. Des parents sont très satisfaits du fait que les activités SPC (Surveillance et promotion de la croissance) ont aidé à lutter contre les maladies de malnutrition.

Irakoze Jacqueline, mère de 4 enfants, était parmi les femmes qui avaient amené leurs enfants.  Elle a assisté son enfant qui a été traité dans le FARN (Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnel).

 « Parmi les quatre enfants, il y a un qui est tombé malade. J’ai parcouru plusieurs centres de santé pour le faire soigner sans succès. Après, j’ai sollicité un agent de santé communautaire et m’a invitée à amener l’enfant pour le dépistage. Il a découvert des signes de malnutrition et m’a recommandé un foyer d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN). Il a été bien nourri et ils m’ont enseigné comment je peux le faire moi-même à la maison» dit-elle.

 Madame Irakoze explique les enseignements reçus dans le cadre des SPC lui a permis d’aider son enfant à se rétablir rapidement après avoir adopté de nouvelles habitudes culinaires.

 « Les enseignements m’ont beaucoup aidé dans le sens que j’ai appris par exemple comment préparer les aliments sans chauffer de l’huile. Ils m’ont aussi montré comment il faut bien nourrir un enfant avec les trois types d’aliments. Même si je ne le fais pas chaque jour, j’y songe à chaque fois que j’ai les moyens. Aujourd’hui, l’enfant se porte bien. Il avait 7 kg avant d’intégrer le FARN. Il est sorti avec 9 Kg, et aujourd’hui, il a 12 kg.»

Elle remercie le projet Nkuriza qui a contribué dans le renforcement des interventions dans la lutte contre la malnutrition chez les nourrissons. Elle conseille et conseille tous les parents à prendre part aux activités SPC organisées régulièrement sur la colline de Rugenge, car c’est un moyen facile de détecter si votre enfant présente des signes de malnutrition.

Le projet AID-I KUGWIZA a eu un impact significatif sur la sécurité alimentaire et les conditions de vie des éleveurs de petit bétail. En fournissant des ressources essentielles, il a permis de répondre aux défis économiques et nutritionnels auxquels ces communautés étaient confrontées. La distribution de poules adaptées aux milieux ruraux a considérablement amélioré la production alimentaire. Parallèlement, l’intégration de l’élevage de lapins a diversifié les sources de revenus et assuré un approvisionnement en fumier de qualité pour l’agriculture. Ces actions ont contribué à un changement positif durable, renforçant le développement économique et la résilience des éleveurs.

 Distribution des Poules SASO 452 

Une des actions du projet a été la distribution de 1 800 poules de la race SASO 452, reconnue pour sa résistance aux maladies. Ces poules ont été fournies sous forme de petits paquets, chaque paquet comprenant trois poules par famille. Chaque poule peut pondre entre 5 et 6 œufs par semaine, générant ainsi un revenu hebdomadaire d'environ 15 000 francs burundais

Les bénéficiaires expriment leur satisfaction quant à l'utilité et à la rentabilité de ces poules, qui ont considérablement amélioré leur qualité de vie en offrant une production d'œufs satisfaisante.

De plus, la possibilité de consommer la viande de ces poules renforce leur alimentation.

Un bénéficiaire, MUGISHA Jeanne, témoigne de son objectif à atteindre un élevage de 1000 poules, illustrant ainsi l'impact positif de cette initiative sur les moyens de subsistance des familles.

                    Élevage de Lapins : Une chaîne de solidarité communautaire

Le projet a également distribué 312 lapins à 780 familles. Une stratégie de solidarité communautaire a été mise en place, où 8 lapins étaient offerts à un groupe de 20 personnes.

Ce groupe a pris en charge la reproduction des lapins, permettant ainsi le partage des lapereaux entre les membres pour que chacun puisse en élever un chez soi.

Cette chaîne de solidarité favorise l'augmentation de l'élevage au sein de la communauté.

Les lapins se révèlent extrêmement bénéfiques pour les bénéficiaires, car leur fumier fertilise les champs et leurs urines sont précieuses pour l'agriculture. De plus, les familles peuvent consommer la viande de lapin ou la vendre pour générer des revenus, contribuant ainsi à un développement durable au sein de leurs ménages

Le projet AID-I KUGWIZA en offrant des ressources adaptées et en favorisant la solidarité communautaire contribue à l'amélioration de la sécurité alimentaire et au développement économique des familles. Les témoignages des bénéficiaires soulignent l'impact positif de ces initiatives sur leur quotidien, et la volonté d'accroître ces élevages témoignent d'un engagement vers un avenir meilleur.

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